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Triptyque gagnant: cyclisme, hédonisme et solidarité

Dernière mise à jour : 2 nov.

Entre le 29 juin et 31 juillet, Kalvin Ride a traversé une partie de l'Europe à vélo. Voici quelques lignes qui retracent 4 semaines d'ores et déjà gravées dans nos mémoires.

 

Un début d'été fort en émotions


L'entame des jours chauds a été marquée par des retrouvailles. En effet, après plusieurs mois hors de la cité de Calvin, l'un de nos membres s'est vu être chanceux: ce n’est pas moins qu’une partie de l'équipe qui s'en est allée le rejoindre afin de le rapatrier en terres helvètes, puisqu'il faut bien rentrer un jour ! C'est ainsi que le premier épisode de l'été commence.



Rotterdam - Genève


Les émotions ont été vives dès le premier jour: c‘est précisément le lendemain de la victoire de la Nati que nous avons quitté Manhattan sur la Meuse. Nous voilà, quelques discussions de retrouvailles plus tard, à bon port de la première étape: Arnhem. Notre compagnon de route le plus fidèle, la pluie, manifeste sa présence à plusieurs reprises déjà. Voici donc le premier soir arrivé, avec quelques ruelles charmantes nous offrant un premier repas apprécié et une tombée de nuit presque sèche.


S'en suit la deuxième étape, offrant des paysages industriels et des montagnes de charbon affaissant les bateaux dans une eau peu claire. La route est plate et les pistes cyclables agréables. Nous voilà entrés dans la ville de notre deuxième nuit, surprenante par sa laideur. C’est ainsi que nous découvrîmes le seul raté du voyage: Duisburg.


Le départ pour la troisième étape se fait par conséquent très volontiers, afin de retrouver un peu de couleurs dans l'architecture. Nous ne fûmes pas déçus, le charme allemand se manifestant rapidement. D'abord grâce à Düsseldorf, puis ensuite grâce à Cologne où nous reprendrons notre souffle durant la nuit.


Les méandres rhénans nous emmènent ensuite à Coblence, ville dans laquelle nous passerons une journée de pause, nous permettant d'accueillir un invité (de marque) qui nous accompagnera pour la suite du voyage.

Quelques visites plus tard, nous pouvons affirmer que la réputation gastronomique allemande est trahie par les belles découvertes culinaires du séjour. Comme quoi !


Nous voilà maintenant trois confrères, prêts à affronter la pluie qui nous accompagne depuis l'incipit, et qui, à la surprise générale, ajoute une forme de plaisir curieux. Peut-être nous permet-elle d'avoir encore davantage d'histoires à raconter?


C'est donc en trio que nous avançons vers Hamm am Rhein, avant d'être rejoints par notre quatrième soldat en fin d'étape. Cette bourgade s'avère accueillante, mais son nom difficilement prononçable. Pour rester local, nous dévaliserons un restaurateur grec surpris par les quantités commandées: il y avait de quoi.



Les paysages qui s'offrent à nous deviennent de plus en plus beaux et ce départ est marqué par un repas matinal chez le grand-père de l'un des acteurs du récit. Un mal de genou qui s'est invité à la fête se fait vite oublier et l'atmosphère atteint son apogée grâce au petit chaperon vert. Mais qui est-ce? En résumé: un individu étrange aux conseils d'orientation sur une initiative personnelle. Il s’ensuivit une discussion en faux dialecte allemand couronnée par un fou rire général que nous transporterons avec nous pour le reste du voyage, voire davantage. La discussion de fin d'étape est ainsi toute trouvée.

C'est par conséquent avec le sourire que nous arrivons à Rastatt, célèbre pour son fameux traité napoléonien.



Et voilà qu'il est déjà l'heure de faire notre entrée en francophonie, ou presque. La frontière franchie, nous découvrons l'Alsace. Voici sans doute la plus belle surprise de notre voyage. Au travers des vignes, la route des vins nous offre un spectacle fascinant, entre verdure et villages pittoresques. Les couleurs sont lumineuses et l'architecture historique. C’est ainsi que 4 souffles suisses sont coupés devant la beauté française.


Nous sommes donc aux portes du passage de la frontière des trois pays, marquant ainsi notre retour en Helvétie. La joie et l'émotion s'entremêlent et le retour du dénivelé rappelle que tout se mérite. Avant notre arrivée en Suisse, une boulangerie de légende attire nos regards. Elle sera victime de notre faim, puisque nous nous offrirons ce jour un repas du midi gargantuesque (terme même euphémisant!) et mémorable.


En ce pénultième couché de soleil (qui fait son grand retour pour la fin de notre périple), nous dormirons à Röschenz, petite commune dans le canton de Bâle-Campagne. L'intense beauté qui nous accompagne depuis quelques étapes ne faiblit pas.


Et c'est par la route des Enfers que nous rejoindrons le Locle, dernière nuit du voyage. La touche de féminité vient faire office de cerise sur le gâteau, en la personne d'Emma qui nous accompagnera pour les deux derniers coups de pédale.


Après quelques liqueurs jurassiennes (bues en terres neuchâteloises), nous voilà partis pour la dernière ligne droite. Au fur et à mesure des kilomètres, parsemés de cols et de routes sinueuses, des soutiens se greffent et nous finirons par retrouver toute une équipe à Nyon pour les derniers kilomètres en peloton.


Nous voilà de retour au bout du lac, accueillis par les représentants de Médecins Sans Frontières Suisse (MSF), pour qui nous avons récolté des fonds tout au long de notre voyage. Grâce à vous, c'est pas moins de CHF 4'000.- qui seront reversés en faveur de leur projet au Liban. Nous avons ainsi ouvert le champagne, arrosé le directeur et échangé quelques mots afin de clôturer ces 10 jours, 1’258 kilomètres et 53h30 de vélo d'une rare beauté.



De la part de toute l'équipe: MERCI à toutes celles et ceux qui ont soutenu le projet, que ce soit par un don, par des messages ou par des relais en tout genre. Nous aurions pu (et dû) sabrer le champagne en votre compagnie.



Ce somptueux voyage restera gravé dans nos mémoires !

 

Une suite dans la lignée de ce qui précède


Une fois de retour, les esprits à peine repris, nous voilà repartis pour un voyage reliant Berne à Rome.



Organisé par notre Leon national, rassembleur en chef, ce n'est pas moins de 23 cyclistes qui parcourront Lugano - Rome en 9 jours. Quelques membres de Kalvin sont partis du Palais Fédéral afin de profiter des sublimes lacs de Thoune et Brienz ainsi que des Alpes bernoises. Cela fut aussi pour le plaisir de partir d'une capitale et arriver dans une autre.



Le niveau moyen de beauté de cette expédition est miraculeusement haut. Le départ du lac de Côme le jour deux annonça en effet la couleur.


C'est ensuite Pavia, Parma et Bologna qui seront au menu des jours suivants. Des noms étrangement familiers tant les spécialités culinaires de ces régions sont devenues également les nôtres. Une nuit dans la ville de Florence et son incroyable histoire nous a propulsé quelques instants dans un passé qui subsiste.


Et la beauté architecturale italienne couplée à une nature aride mais éblouissante a continué de nous faire rêver. Nous voilà arrivés à Ponte d'Arbia, lieu dans lequel nous passerons un jour de repos. Logés dans un château surplombant de superbes paysages toscans, c'est le moment de quelques parties de Jass et de nombreux verres de Spritz.


Nous ne serons pas sortis indemnes de ce séjour: un doigt coupé et une chevelure recousue faute à la profondeur trompeuse de la piscine. Mais nous voilà malgré tout repartis sur les routes du milieu de la Botte. Nous arrivons ensuite au Lago di Bolsena, sublime lac marquant le dernier point d'eau avant notre arrivée à Rome.


Le lendemain, nous montons nos petites reines pour un dernier tour de manège: c'est en effet l'arrivée au Vatican qui nous attend en fin de journée.


40 derniers kilomètres qui contrastent avec un voyage somptueux en tout point. Les voitures dépassent vites et dangereusement, les routes sont fortement endommagées et la fatigue altère la lucidité. Mais peu importe ! Nous voilà à bon port, avec un sentiment si agréable: celui d'être arrivés alors que les vacances ne sont pas terminées. Place donc au repos et à la visite de l'un des berceaux de l'Europe.



Une jointure finale pour couronner le tou(r)t


Finalement, deux membres de Kalvin ont pris une journée pour finaliser le tracé: Genève - Berne. Ces 200 derniers kilomètres ont permis de relier Rotterdam à Rome, symboliquement au moins. Encore une journée de plus au palmarès des souvenirs.


Au total, c’est 22 jours, 2’562 kilomètres, 107 heures et 30 minutes sur le vélo. Avec une pause de quelques jours entre les deux périples, utilisée pour... livrer les commandes Kalvin !

 

Conclusion?


Une conclusion qui n'en n'est pas une, puisque l'été n'est pas encore terminé, et que l'automne s'annonce riche en projets également (nous songeons notamment à Movember!).


Mais il faut admettre que de telles histoires résument les raisons qui nous font aimer ce sport. Tant de paysages, tant de rencontres, tant d'anecdotes, avec un sentiment de mérite et d'accomplissement à chaque spectacle que les décors offrent. Se faire parfois souffrir pour apprécier encore davantage l'atteinte de ses objectifs.


Ainsi, merci encore à toutes celles et ceux qui soutiennent nos projets, eux-mêmes destinés à soutenir d'autres projets. L'aventure continue.


Vive le sport, vive la solidarité, vive le vélo !

Kalvin Ride

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